CLAQUE, OSCILLE MAIS RIRA…

Les lanternes de phares, dans un ciel sans lune,
Frôlent les crêtes vagues d’un océan prune,
Suppléent les astres sur les falaises brunes.
Ôde à Neptune.

Face à la baie et dans le silence,
Sur le versant de dune, seul, je m’élance.
Au monde qui dort je ferai lecture.
Ôde à Mercure.

Quand l’aube perce, les couleurs hurlent dans le vent.
Les autres renaissent, la cohue nargue et s’étend.
Alors immobile, j’observe les montagnes qui se déplacent
Et ma voix se serre à la vue de mon chemin sans trace.

Quand l’horizon nage avec l’écume,
Les éphémères carmins soufflent sur les brumes
Et les saisons rêvent de faire chorus.
Ôde à Vénus.

Sur les hauteurs, les odeurs s’enlisent.
Mes mots brûlés, dans le sable, s’épuisent.
Les sémaphores vibrent en baryton.
Ôde à Pluton.

Quand l’aube perce, les couleurs hurlent dans le vent.
Les autres renaissent, la cohue nargue et s’étend.
S’ouvre une faille où se fondent tes efforts
Alors immobile, j’observe les montagnes qui se prélassent
Et ma voix se perd dans les gorges de fades mélasses.
Puissé-je oublier l’aurore ?