LES HÉROS CHEZ MOI ONT DE L’HUMOUR

Le jour pâle, posé sur ma ville,
Inlassable, allume ces mêmes foules sans exil,
Ces rues blanches piétinées de lignes droites.

L’air sûr, se pavanent et défilent
La communion, le respect, les jardins fertiles.
Légères, pures, nos vies sont jonchées de ouate.

Des peaux tièdes, les joies sont égales
Sous l’élan mécanique d’un désir machinal.
Les couleurs, les formes ne percent plus rien.

Le bonheur s’oublie, le bonheur s’affadit.

Dans ce monde idéal qui n’inspire plus,
Je veux que l’on ressorte les vauriens,
Je veux que l’on ressorte la haine des fers écrus.
Alors, je veux que l’on me tue, qu’on me fasse du bien,
Que vive l’esprit brutal des créateurs.
Je veux que l’on déforme les belle-de-jours,
Je veux que l’on déforme tout jusqu’à la laideur.
Alors, j’espère que les héros chez moi ont de l’humour…

Les chants, les rires sont des déserts.
Nos regards sont vides, la fantaisie une misère.
Le jour pâle ne berce plus rien.

Le bonheur devient une simple lubie, le bonheur s’affadit.

Dans ce monde idéal qui n’inspire plus,
Je veux que l’on ressorte les vauriens,
Je veux que l’on ressorte la haine des fers écrus.
Alors, je veux que l’on me tue, qu’on me fasse du bien,
Que brûle l’esprit brutal des créateurs.
Je veux que l’on déforme les belle-de-jours,
Je veux que l’on déforme tout jusqu’à la laideur.
Alors, j’espère que les héros chez moi ont de l’humour.

Je respire, des cendres dévorent…

Je suis le nouveau Turner qui crache des flammes,
Mes toiles ont le sang froid de mes états d’âme !
Je veux la violence, la misère pour mon inspiration,
Exister dans les décombres de mes révolutions…