POTLATCH

Encore des murs s’élèvent.
Ton corps, ton sang, la sève
Du rêve d’un temps sépia où tout rassure.
Tu étales sur des terres brunes
Des dédales de rancunes et de parjures.

Mais ton monde n’est qu’un leurre :
Tes amours, ta patrie, ta couleur et ta morale.
Ton histoire, tes passions, tes croyances, rien de plus bancal.
Mais si je regarde ça de loin, tu gagnes…

Le respect en pharmakon.
Mémoire ou domination ?
Quand la souffrance se mêle à la terreur
Tu ne parles que d’invasion
De défense, de privation et de pâleur.

Mais ton monde n’est qu’un leurre :
Tes en-cours, ton pays, tes valeurs et tes gonades.
Tu bandes sur ta Viper, Shell extase, tu rétrogrades.
Mais si je regarde ça de loin, tu gagnes…

Tous les raisins, toutes les colères,
Tous les visages, tous les bouquins, les corsages, les galères,
Je prends tout, j’invente, je donne et je remplace.
Les aléas je les enlaces.

Je me fous d’où je suis né !
A quoi ça rime de s’lécher l’bitume ?
Je veux des djinns, des kitsune,
Oui je veux que tout parfume Nos régimes fanés.

J’peux pas te convaincre que tu suffoques,
Je vois qu’un abruti sous médocs.
J’peux pas te convaincre que tu suffoques,
T’as une belle tête de fruit à coque.