LES BRUMES

Souvenirs laiteux de tabac froid
Silhouette sur le bout de mes doigts
J’attends ta bouche et tes soupirs
L’absence à mordre, trois jours au pire…

L’écho du silence sur mes bras,
Des crocs qui s’ouvrent avec fracas.
D’une fumée pâle à d’épais frimas,
La patience est un ordre ingrat…

Dans les brumes tout menace,
Tout écume, tout lasse
Et les ombres informes prennent toute la place.
Dans les brumes tout se perd ;
La verve, la plume, la guerre,
Les envies de bords de mer…

Alors ces cages je les fais miennes ;
Tyran hagard et docile.
Mais pourquoi vouloir que tienne cette lueur fragile ?

Quand même l’air écœure…
Quand même l’air étrangle…
Quand même l’air aveugle…