DANS LA SPLENDEUR

J’aime que l’ignorance donne de l’ampleur
Au vide du ciel, donne à rêver.
J’aime que le hasard donne aux erreurs
Sacrificielles, un goût d’inachevé.

Je veux rester seul dans la splendeur…
Je veux rester seul dans la splendeur…
Laissez-moi…

Je hais ces corps sourds qui incendient
Et qui condamnent à l’oubli.
Je fuis les destins et puis j’embrasse
L’éphémère alourdi de ses deux seins qui passent.

Je veux rester seul dans la splendeur !
Je veux rester seul dans la splendeur !
Laissez-moi gueuler l’impuissance et la haine.
Laissez-moi cracher son chagrin en blasphème.
Laissez-moi échouer, laissez-moi la douleur,
Empêcher l’espoir d’atteindre le cœur.

Des larmes à transpercer la peau, L’ivresse amère vers le chaos.

Je n’ai vu que ses bras, sa rage et ses peurs,
Aciers qui perçaient le soleil.
Je n’ai su qu’à coups de crevasses et de rancœur
Figer son sourire à l’envers.
Je n’ai vu que ses yeux, des forêts brûlées
Où tout interdit le sommeil.
Je n’ai su que noyer mes nuits, écouler
Les heures du spleen qui enferre.

Laissez-moi la force de ne croire en rien,
M’enfoncer, me perdre. Ineffable caresse.
Laissez-moi, de la fourche des païens,
Percer à jour votre insatiable paresse.

Je n’ai vu que le manque, d’elle et de tout,
Et la douleur qui n’apprend rien.
Je sais que j’en tremble mais malgré tout
Me réjouis presque qu’il y ait une fin.

Dans la splendeur,
Je crie, je baise, je danse et je pleure
Entre deux néants.