AFRIQUE ADIEU

Du berceau brisé, milliards de cris.
Ossements d’exilés, ô Murambi !
Jonchées de femmes pourpres, giclées de fouets.
Des esprits ou des « croupes » à purifier…

De tout temps béni, il est cause capitale
D’éduquer tous ces gentils sauvages,
Donner une histoire sino-russo-Total
Humiliation ? Non, sabotage !

De tous ces mondes, ces humanités
Il n’y a que dénis politisés,
Visions immondes de guerres exhibées.
L’espace publicitaire est payé.

Soif de barils, la Corne affamée.
La misère sur sable blanc endiamantée.
Le charbon et l’ivoire à la bourse de Paris.
Les armes avant l’Aids, vas-y surenchéris !

Donner une histoire sino-russo-Total
Humiliation ? Non, sabotage !

De tous ces mondes, ces humanités
Il n’y a que dénis politisés,
Visions immondes de guerres exhibées,
De « barbares immobiles », d’enfants noyés,
De l’inculture hostile des jugements-canapé.
L’espace publicitaire est payé.

Combien de fleurs au printemps ? Que reste-t-il des absents ?

L’asphalte, la chapelle où la foi devient la pelle
Qui creuse sans halte et laisse béant le désespoir,
Là dans la plaine. Maussade, couverte d’insultes, d’accords de façade,
Elle compte les heures avant l’hiver.